19 Apr, 2022

Quatre films CG Cinéma sélectionnés au Festival de Cannes 2022

19 Apr, 2022

Quatre films CG Cinéma sélectionnés au Festival de Cannes 2022

BY CG EDITOR

Nous serons encore au Festival de Cannes. Et cette fois-ci avec pas moins de quatre films : "Rodéo" de Lola Quivoron, "L'Envol" de Pietro Marcello, "De humani corporis fabrica" de Véréna Paravel et Lucien Castaing-Taylor, et le court-métrage "Une Histoire courte" de notre ami Bi Gan. Revue d'effectifs.

En 2021, nous avions la joie de faire l'ouverture de la sélection officielle du Festival de Cannes avec "Annette" de Leos Carax, qui voisinait en compétition avec "Bergman Island" de Mia Hansen-Løve. C'était une belle édition, celle qui symbolisait le (presque) retour à la normale, après deux années de confinement et de crise sanitaire. Nous en revenions avec un Prix de la Mise en scène pour Leos Carax et des dizaines de beaux films vus ou rêvés.

Un an plus tard, après un passage au Festival de Berlin, où nous avons montré le nouveau film d'Alain Guiraudie, "Viens je t'emmène", en ouverture du Panorama, nous revenons à Cannes avec quatre films présentés dans diverses sélections, la Quinzaine et l'Officielle.

Des films aux formats et genres différents, réalisés par une française, un napolitain, un chinois de la province de Kaili, et un duo franco-britannique, qui ont tous en commun de pratiquer le cinéma comme un sport de combat ou une expédition en mer, partant à la conquête de nouveaux défis et territoires inconnus. Ce sont des cinéastes-artistes, en bref, qui continuent d'explorer leur forme, cherchent de nouveaux langages, et nous honorent de leur confiance.

1) Pietro Marcello - "L'Envol" (Ouverture de la Quinzaine des réalisateurs)

Il arrive parfois que des films vous réveillent. Qu'ils vous sortent d'un état de torpeur, d'une usure du regard. On enchaîne les images, on ne voit plus rien, on ne distingue plus aucune forme, des plans se suivent indistinctement, et puis tout à coup un film vous percute et vous redonne le goût de voir. Ce bug dans le système, ce réveil du regard, on le doit en cette fin d'année 2019 à "Martin Eden", découvert dans une petite salle parisienne qui le jouait encore au terme de son exploitation. Les mois qui suivront seront consacrés à une obsession : parler à Pietro Marcello, son réalisateur, rencontrer le type derrière cette inspiration géniale.

Deux ans plus tard, nous sommes heureux de présenter en Ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs le nouveau film de fiction du plus doué des cinéastes italiens de sa génération, "L'Envol", son premier en langue française. Librement inspiré du conte "Les Voiles Écarlates" d'Aleksandr Grin, le film est un conte populaire, musical et historique, qui met en scène les aventures de la jeune Juliette, héroïne-magicienne qui rêve d'échapper à sa condition.

Avec Juliette Jouan, Yolande Moreau, Noémie Lvovsky, Raphael Thierry et Louis Garrel, le film est une nouvelle pièce dans l'œuvre survoltée de Pietro Marcello, sa relecture toute personnelle des contes merveilleux, dans laquelle il rend hommage aux rêveurs et continue d'exalter les forces du cinéma des origines. Le film sortira cette année dans les salles sous pavillon Le Pacte.

2) Lola Quivoron - "Rodeo" (sélection "Un Certain Regard")

C'est une autre histoire que raconte le premier long-métrage de Lola Quivoron, "Rodéo", sélectionné à "Un Certain Regard". L'histoire d'un film patiemment écrit et pensé pendant cinq ans, qui s'est trouvé au fil du temps et des rencontres, porté par la conviction d'une jeune cinéaste entêtée. Issue de la Fémis, déjà réalisatrice de plusieurs courts-métrages repérés en Festivals, dont "Au Loin Baltimore", Lola Quivoron a travaillé au plus près du réel pour écrire son "Rodéo", en restant au contact des adeptes du cross-bitume, ces jeunes issus majoritairement de banlieue qui pratiquent la moto comme art de vivre et sport acrobatique.

A l'issue de ce long travail de recherche, et de sa rencontre avec Julie Ledru, son actrice et inspiration principale, la cinéaste a achevé l'écriture d'un scénario tranchant, qui donna lui-même un film turbulent, dont le tournage fut aussi une aventure. "Rodéo" se dévoilera en sélection "Un Certain Regard", avant sa sortie dans les salles pilotée par le distributeur Les Films du Losange.

Il s'agira du huitième "premier long-métrage" produit par CG Cinéma, après "Mustang" de Deniz Gamzë Erguven (Quinzaine des Réalisateurs en 2015), "Desierto" de Jonas Cuaron (Toronto 2016), "Rosalie Blum" de Julien Rappeneau (Nommé au César du meilleur premier film en 2017), "Pour le Réconfort" de Vincent Macaigne (Acid 2017), "Les Dents, Pipi et au lit" d'Emmanuel Gillibert (Alpes D'Huez 2017), "Garçon Chiffon" de Nicolas Maury (Festival de Cannes, 2020) et "De l'or pour les Chiens" d'Anna Cazenave Cambet (Semaine de la Critique).

3) Véréna Paravel et Lucien Castaing-Taylor - De Humani Corporis Fabrica (Quinzaine des Réalisateurs)

C'est encore une autre histoire, qui remonte encore plus loin. En 2014, nous découvrions presque par accident au Festival de Belfort un long-métrage documentaire renversant, vraisemblablement tourné dans des conditions hardcore, qui nous plongeait dans l'intimité d'un chalutier et de ses occupants, des cales à la proue du navire, chavirée par des tempêtes fracassantes. Le film s'appelait "Léviathan" et il était réalisé par une paire de documentaristes-sorciers, Véréna Paravel et Lucien Castaing-Taylor, elle française, lui britannique.

Sept ans plus tard, nous avons recroisé la route des deux auteurs, et l'opportunité s'est présentée de les rejoindre dans leur nouvelle aventure. Nous nous sommes associés à leur productrice historique, Valentina Novati, pour les accompagner dans ce projet aussi délirant que stimulant, qui consistait à ausculter le corps humain et, à travers lui, faire le portrait des avancées de la médecine et du milieu hospitalier. Une sorte d'Odyssée embedded à l'intérieur des corps, un défi fou lancé à notre regard.

Ce sont Les Films du Losange qui sortiront le film, sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs.

4) Bi Gan - "Une Histoire courte" (Compétition officielle CM)

Notre dernière histoire cannoise est celle d'un compagnonnage. En 2017, nous avons coproduit le second long-métrage d'un jeune cinéaste chinois, Bi Gan, "Un Grand Voyage vers la nuit", présenté en sélection "Un Certain Regard". Après la révélation "Kaili Blues", le réalisateur à peine trentenaire s'embarquait dans un grand ride expérimental, tourné pour moitié en plan-séquence et en 3D, qui allait l'imposer définitivement comme l'une des figures majeures du nouveau cinéma chinois.

Depuis, Bi Gan est retourné au travail et planche sur un troisième long-métrage, dont il poursuit aujourd'hui l'écriture. Il a entre temps tourné un court-métrage fulgurant, "Une Histoire courte", un essai de 15 minutes produit par la compagnie chinoise Pidan, un conte merveilleux sur la relation d'un homme (son acteur fétiche Chen Yongzhong) et d'un chat. On y retrouve tout ce qui fait l'essence magique du cinéma de Bi Gan : la technicité au service de la poésie, l'articulation prodigieuse entre le cinéma primitif et les outils technologiques les plus contemporains, mais aussi et surtout son romantisme mélancolique.

Le film, auquel Bi Gan nous a généreusement associé, sera présenté en compétition officielle des courts-métrages et vendu à l'international par Les Films du Losange.